absentéisme politique


Absence des électeurs ou des élus au moment de remplir des obligations civiques.

L'absentéisme des électeurs consiste en leur non-participation aux scrutins. Il se mesure par la différence entre le nombre d'électeurs inscrits et le nombre d'électeurs ayant déposé un bulletin ou une carte magnétique dans l'urne. Dans un pays comme la Belgique où le vote est obligatoire, il ne peut y avoir, en droit, d'absentéisme pur et simple. Mais il y a un absentéisme de fait qui est soit excusé (personnes incapables de se déplacer pour raison médicale, décédées après l'établissement de la liste électorale, en voyage à l'étranger le jour de l'élection, ne jouissant pas des droits civils et politiques, etc.), soit réprimé par des peines très légères (pour autant qu'il soit poursuivi). L'obligation de voter introduite dans la Constitution belge en 1893 a fait baisser le taux d'absentéisme de 16 % en 1892 à environ 6,5 % en 1894. Lors des élections pour la Chambre des représentants de 2010, le taux d'absentéisme était dans l'ensemble du pays de 10,8 % en moyenne, sans que l'on puisse distinguer l'absentéisme excusé et l'absentéisme répréhensible. Lors des élections régionales et communautaires de 2009, le taux d'absentéisme était de 11 % en Région wallonne, de 15,7 % en Région de Bruxelles-Capitale et de 7,5 % en Région flamande.
L'absentéisme des élus se traduit par leur non-participation aux séances parlementaires. Ces absences peuvent être justifiées par la maladie, par un voyage officiel, par la présence dans une autre assemblée qui tient une séance au même moment, voire par l'abandon de séance par un groupe politique en guise de protestation. La plupart des assemblées parlementaires, confrontées à l'absentéisme des élus, ont adopté des règlements visant à pénaliser les députés en cas d'absence trop importante lors du vote en séance plénière. À la Chambre des représentants, le règlement prévoit que si le parlementaire a pris part sans excuse admise à moins de 80 %, 70 % ou 50 % des votes en séance plénière, son indemnité parlementaire sera amputée respectivement de 10 %, 30 % ou 60 %. Le règlement de l'Assemblée de la Commission communautaire française tout comme le statut du membre du Parlement flamand prévoient que l'indemnité des parlementaires absents sera amputée dans les mêmes proportions que celles prévues pour la Chambre des représentants. Le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale (et, par la même procédure, l'Assemblée réunie de la Commission communautaire commune) a adopté le même régime de sanction et l'a étendu aux absences régulières lors des réunions des commissions, mais tant en séance plénière qu'en commission, on considère comme présent le membre qui a participé à la majorité des votes inscrits à l'ordre du jour. Quant au Parlement de la Communauté germanophone, ses membres recevant des jetons de présence, ils sont d'office sanctionnés en cas d'absence.
Si ces mesures incitent les parlementaires à participer à ce moment crucial dans la vie des assemblées qu'est celui du vote des lois, décrets ou ordonnances selon les cas, des motions de méfiance et de vote de confiance, des propositions de résolution, etc., elles ne règlent toutefois pas la question de leur participation active à l'ensemble des travaux de leur assemblée.

 

Voir aussi : abstention et abstentionnisme

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