Association européenne de libre-échange (AELE)


Association économique regroupant l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse, au sein d'une zone de libre-échange des produits industriels.

En 1956, le Royaume-Uni, hostile au projet d'union douanière des pays de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (Benelux, France, Italie, République fédérale d'Allemagne), propose la création d'une grande zone de libre-échange entre les pays de la CECA et les autres membres de l'OECE, l'Organisation européenne de coopération économique (Autriche, Benelux, Danemark, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Norvège, Portugal, République fédérale d'Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie). Cette démarche pousse alors les pays de la CECA à accélérer les négociations du traité de Rome, en 1957, qui institue une union douanière au sein du marché commun : c'est ainsi que naît la Communauté économique européenne (CEE). Suite à la ratification du traité de Rome et devant l'hostilité de la France à une grande zone de libre-échange entre pays de l'OECE, le projet est abandonné au profit d'un autre, plus modeste.
Le 4 janvier 1960 est signée la convention de Stockholm entre l'Autriche, le Danemark, la Norvège, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. Elle institue l' Association européenne de libre-échange, ou AELE (en anglais EFTA, European Free Trade Association), dont le siège est à Genève et qui est durant une décennie dominée politiquement et économiquement par le Royaume-Uni. En vertu de l'union douanière avec la Suisse, le Liechtenstein applique également la convention AELE sans en être pour autant membre.
L'AELE a comme mission principale l'établissement et l'administration d'une zone économique de libre-échange des produits industriels, en dehors de la Communauté économique européenne. Elle est également chargée de gérer ses rapports avec l'extérieur, notamment avec la CEE, son premier partenaire commercial. Contrairement à l'Union européenne, elle ne poursuit aucune politique commune. De plus, elle ne prévoit aucune forme d'intégration européenne et ne fixe aucun tarif douanier extérieur. L'organe suprême de l'Association est un Conseil, secondé par un comité consultatif représentatif du monde économique, un comité de parlementaires et différents comités techniques.
En 1970, l'Islande rejoint à son tour l'AELE tandis que le Danemark et le Royaume-Uni quittent en 1973 l'Association pour rejoindre la CEE. Après le départ de ces membres fondateurs, l'AELE doit repenser ses liens avec la CEE. Cette dernière signe alors une série d'accords bilatéraux de libre-échange des produits industriels avec les États membres de l'AELE en 1972-73. Par la suite, la Finlande, associée depuis 1961 à l'AELE, en devient membre à part entière en 1986, année où le Portugal quitte l'association. Le Liechtenstein entre lui aussi dans l'AELE (1991) peu avant le départ, en 1995, de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède pour l'Union européenne.
Depuis l'accord de Porto, entré en vigueur en 1994, les États membres de l'Union européenne et ceux de l'AELE (excepté la Suisse) se trouvent réunis au sein de l'Espace économique européen (EEE).

Les commentaires sont fermés.