laïcité


Organisation de l'État qui lui impose une stricte neutralité en matière religieuse. Ensemble de courants de pensée organisés qui militent pour la liberté individuelle et pour la neutralité de l'État face au pouvoir des Églises.

En Belgique en particulier, le terme de laïcité s'emploie dans deux sens distincts mais qui procèdent d'une évolution historique commune.

On parle d'une part de laïcité de l'État, ou d'État laïque, pour désigner une organisation de l'État qui lui impose une stricte neutralité en matière religieuse, le respect de la liberté religieuse et de conscience (y compris la liberté de n'avoir aucune religion) et un traitement égal de tous les citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques. Même parmi les pays qui s'en réclament, cette neutralité est plus ou moins complète ; dans l'ensemble, les démocraties tendent vers la neutralité mais conservent dans certains cas un culte d'État, des privilèges pour certaines Églises, des mécanismes particuliers de financement pour les cultes, etc. La neutralité peut passer par l'adoption d'une loi de séparation de l'Église et de l'État, ou par d'autres dispositions assurant leur indépendance mutuelle.

Le principe de neutralité est une obligation qu'un État laïque impose à son fonctionnement et à ses administrations, mais, selon les pays, elle est étendue ou non aux agents des services publics voire aux usagers (interdiction ou non-interdiction du port de certains signes religieux). La question de savoir quelles prérogatives accorder à l'enseignement public et à l'enseignement privé est une de celles qui ont le plus fortement opposé le pilier laïque au pilier catholique, surtout avant la signature du Pacte scolaire. Une autre question controversée consiste à savoir si et comment un État qui se veut laïque peut nouer un dialogue avec les différentes Églises, question qui a rebondi à l'occasion du projet de Constitution européenne et qui a trouvé son aboutissement, après l'adoption du Traité de Lisbonne, dans l'article 17 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

On parle d'autre part de laïcité pour désigner un ensemble d'organisations qui, face à l'influence de l'Église catholique et des clergés en général, se réclament de la libre pensée, de l'anticléricalisme et des Lumières, et dont certaines sont, dans une mesure controversée, proches de la franc-maçonnerie. Ces organisations défendent la liberté de choix, de conscience et d'expression, singulièrement face aux menaces que représentent selon elles les Églises, et militent pour la laïcité de l'État (voir ci-dessous), l'école publique (par opposition aux écoles libres d'inspiration religieuse), l'égalité de tous devant la loi et le pluralisme à tous les niveaux. Depuis 1993, l'article 181 de la Constitution met ces organisations sur le même pied que les cultes reconnus en matière de financement public (on parle depuis à leur sujet de « laïcité organisée »). Ces organisations défendent leurs principes au travers de deux grandes structures faîtières, le Centre d'action laïque et l'Unie vrijzinnige verenigingen. L'opposition entre ce type d'organisations et le monde chrétien a été très vive, renforçant ainsi un des principaux clivages de l'histoire belge, relatif aux rôles respectifs de l'Église et de l'État.
La laïcité entendue au premier de ces deux sens est parfois qualifiée de « laïcité politique », tandis que la laïcité au deuxième sens est appelée « laïcité philosophique ».

Comme celui de « sécularisation », le terme de « laïcisation » est utilisé pour désigner le processus qui mène la société et l'État vers une indépendance toujours croissante à l'égard des Églises, voire qui conduit à l'absence de toute référence religieuse dans le droit, les comportements, les symboles…

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