parti politique

notice mise à jour en 2020

Groupement de personnes physiques unies par des liens doctrinaux et ayant comme objectif d'assurer la participation politique des citoyens et d'exercer le pouvoir.

Un parti politique rassemble des personnes partageant des convictions politiques semblables et désireuses d'exercer une influence sur la société et les processus de décision. Une large palette de partis politiques peuvent exister, se distinguant par la doctrine et l'idéologie dont ils sont porteurs. C'est surtout dans le cadre du suffrage universel que les partis politiques se développent et se structurent. En tant qu'organisations stables, s'appuyant sur des adhérents, des militants et des dirigeants, ils cherchent à sélectionner des candidats, à les faire largement connaître à travers des campagnes électorales et à mobiliser les électeurs en grand nombre lors des scrutins afin de remporter des sièges et, dans la mesure du possible, d'accéder à l'exercice du pouvoir.

Bien que plusieurs partis politiques puissent coexister dans des régimes autoritaires, ces derniers connaissent souvent un régime de parti unique. Inversement, la confrontation entre deux ou plusieurs partis au sein du système politique d'un État (bipartisme ou multipartisme) est le propre d'un régime démocratique.

Dans de nombreux États, le poids des partis politiques peut s'avérer considérable en raison des fonctions qu'ils exercent. Dans une particratie (ou partitocratie), les partis politiques occupent un rôle central dans le jeu politique, de la participation aux élections jusqu'à l'adoption de décisions politiques. Ce sont eux, et en particulier leurs présidents respectifs, qui sont à la manœuvre lors des négociations et recherches de compromis (par exemple pour former un gouvernement), qui confectionnent les listes de candidats aux élections, qui désignent en leur sein les personnes amenées à exercer une fonction exécutive, ou encore qui imposent une discipline de vote aux personnes qui ont été élues sur leurs listes, par exemple afin d'assurer à l'exécutif un soutien presque sans faille des élus de la majorité. En Belgique, les partis politiques interviennent aussi dans la nomination de certains postes au sein de l'administration ou d'une partie des juges à la Cour constitutionnelle.

Contrairement aux groupes de pression, les partis politiques n'ont pas seulement vocation à exercer une influence politique, mais aussi à exercer le pouvoir en s'appuyant sur le soutien populaire. En conséquence, ils sont des organisations durables organisées autour de la défense d'un grand nombre d'enjeux. Néanmoins, certains partis se concentrent uniquement sur un ou quelques enjeux (comme le féminisme, l'euroscepticisme ou Internet) ; il s'agit de partis monothématiques ou spécialisés. Afin de mieux marquer leurs différences ou leur singularité, les partis se dotent classiquement d'un manifeste et d'un programme électoral, ratifiés par l'ensemble des membres ou de leurs délégués réunis en congrès.

En général, les partis politiques sont structurés à plusieurs niveaux et disposent de sections locales, de fédérations provinciales ou d'arrondissement et de structures nationales, régionales ou couvrant une communauté linguistique. Il existe également des fédérations internationales de partis politiques, organisées sur une base idéologique. Les règles internes de fonctionnement et de prise de décision des partis politiques sont précisées dans leurs statuts, adoptés lors d'un congrès. La plupart des partis politiques belges élisent leur président au suffrage universel des membres du parti pour un mandat d'une durée limitée.

Si l'avènement du suffrage universel explique certaines fonctions cruciales exercées aujourd'hui encore par les partis politiques, il ne permet pas de comprendre l'origine même de ceux-ci. Bon nombre d'entre eux sont nés avant l'instauration du suffrage universel. Fondamentalement, ce sont les clivages qui traversent durablement la société qui expliquent l'émergence des partis politiques. Ces clivages pouvant persister dans le temps mais aussi se superposer, se succéder ou disparaître, les partis sont eux-mêmes amenés à évoluer.

En Belgique, l'existence de partis politiques remonte au 19e siècle. Un pacte unioniste entre catholiques et libéraux était de rigueur à l'indépendance de la Belgique afin d'assurer la stabilité du fragile État nouvellement créé. Il s'agissait de tendances non structurées, qui ne constituaient pas des partis politiques. La différenciation politique s'est néanmoins accrue rapidement, et un gouvernement homogène libéral a été formé en 1840 sur la base du clivage philosophique. C'est dans ce contexte marqué par d'intenses désaccords entre les tendances catholique et libérale (en particulier sur la place des préceptes de l'Église dans la gestion de la société) qu'est née la nécessité de fonder un parti pour les libéraux, en 1846. En réaction à la force acquise par les libéraux, le Parti catholique s'est progressivement structuré à partir de la fin du 19e siècle. Le Parti ouvrier belge (POB) a quant à lui été fondé en 1885, sur la base du clivage socio-économique. En 1919, un premier parti structuré sur la base du clivage communautaire a vu le jour en Flandre : le Frontpartij.

Dans les années 1960, le Parti social-chrétien (PSC-CVP, héritier du Parti catholique) s'est fortement divisé entre son aile francophone et son aile néerlandophone, sur fond de problèmes communautaires. Une véritable crise a éclaté au sein du parti en 1968 à la suite de l'« affaire de Louvain » lors de laquelle de nombreux Flamands ont réclamé le départ de la section francophone de l'Université catholique de Louvain (UCL). En 1968, ce parti a été le premier en Belgique à se scinder sur une base communautaire. Pour leur part, le Parti de la liberté et du progrès (PLP-PVV, héritier du Parti libéral) et le Parti socialiste belge (PSB-BSP, héritier du Parti ouvrier belge) se sont respectivement scindés au début des années 1970 et en 1978.

Malgré la dépilarisation à l'œuvre en Belgique, les partis socialistes (PS du côté francophone et SP.A en Flandre), libéraux (MR et Open VLD) et de tradition sociale-chrétienne (CDH et CD&V), parfois qualifiés de partis traditionnels, demeurent des composantes importantes de leur pilier respectif. Au-delà du rôle majeur qu'ils exercent dans les processus décisionnels, ces partis conservent donc des liens forts avec la société civile, liens que des partis politiques d'apparition plus récente cherchent également parfois à développer.

L'émergence ou la structuration de nouveaux partis politiques découle parfois de l'apparition de nouveaux clivages, comme cela a été le cas pour les partis écologistes dès les années 1970 ou pour les partis d'extrême droite. Néanmoins, certains partis – généralement éphémères – peuvent aussi se développer en dehors de tout clivage. Il en est ainsi de partis qui axent leur campagne électorale moins sur une idéologie que sur de nouvelles pratiques politiques (visant par exemple à mettre en œuvre des mécanismes de démocratie participative).

Actuellement, la majorité des partis politiques belges sont organisés sur une base communautaire et non nationale (à l'exception notable du PTB-PVDA, de gauche radicale), en ce compris les partis écologistes. Cela a pour conséquence la coexistence d'un nombre relativement élevé de partis politiques au sein du système partisan belge. Dès lors, la formation d'un gouvernement fédéral requiert un accord entre un nombre parfois élevé de partis politiques afin de constituer une coalition.

Plusieurs dispositifs se posent comme des remparts au développement de nombreux partis, comme la fixation d'un seuil électoral, l'adoption de normes relatives à l'accès des partis aux médias ou encore l'adoption d'un cordon sanitaire. Si ces dispositifs n'en limitent pas le nombre a priori, ils en limitent la visibilité, l'accès au pouvoir législatif et au pouvoir exécutif, ou l'influence dans les processus décisionnels.

Longtemps, les partis politiques sont demeurés absents de la Constitution belge. C'est seulement depuis la sixième réforme de l'État, en 2014, qu'ils y figurent explicitement, et encore n'est-ce qu'à l'article 77. Cependant, il ne s'agit pas d'une disposition de principe consacrée aux partis, mais d'un article répartissant des compétences entre la Chambre des représentants et le Sénat. Malgré leur discrétion dans les textes légaux, les partis politiques représentés dans les assemblées parlementaires jouent un rôle important dans le fonctionnement de l'action publique en Belgique.

Les partis politiques constituent généralement des associations de fait dépourvues de la personnalité juridique. En conséquence, plusieurs entités gravitent autour d'eux, tels les services d'étude, les organismes scientifiques ou les instituts de formation politique.

Il en va de même des asbl de gestion qui leur permettent de bénéficier d'un financement public et de recevoir des dons. En Belgique, les partis politiques disposent de différents moyens pour assurer leur financement, tandis que leur comptabilité est contrôlée, tout comme le sont les dépenses électorales.

 

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