transition énergétique

Notice en cours de mise à jour

Passage d'un système énergétique qui repose essentiellement sur l'utilisation des énergies fossiles et nucléaire à un mix énergétique fondé majoritairement sur des énergies renouvelables et sur le développement de l'efficacité énergétique.

Le concept de transition énergétique est né dans les années 1980 en Allemagne. Il désigne une réorientation du mix de ressources utilisées pour la production d'énergie, qu'il s'agisse d'électricité, de chauffage ou de transport. Compte tenu de la raréfaction attendue de certaines ressources et de l'impact environnemental et climatique que l'exploitation de ces ressources peut engendrer, la transition énergétique vise l'abandon progressif des énergies fossiles – et parfois aussi de l'énergie nucléaire – au profit du développement des énergies renouvelables, et cela, conjointement au développement de mesures d'économie d'énergie. Outre l'aspect environnemental et climatologique, cette transition énergétique entend également s'inscrire dans une logique de développement durable, en répondant aux besoins de consommation des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Aujourd'hui, elle a lieu un peu partout sur la planète, selon des rythmes différents. Elle a également des conséquences sur l'organisation interne des sociétés qui produisent ou fournissent l'électricité, incitées à investir davantage dans le renouvelable.

Pour emprunter cette voie, l'Union européenne a fixé dès 2007 des objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre, de développement des énergies renouvelables et d'amélioration de l'efficacité énergétique à l'horizon 2020. Même si les États membres restent souverains en ce qui concerne la mise en place de leur politique énergétique, cette première étape, accompagnée d'objectifs chiffrés individuels, les a incités à s'adapter. En octobre 2014 puis en novembre 2016 respectivement, le Conseil européen et la Commission européenne ont adopté un cadre d'action européen et des propositions concernant l'usage des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique à l'horizon 2030. Ce paquet de mesures a été baptisé « Une énergie propre pour tous les Européens ». Son objectif est de permettre aux États membres de l'Union européenne d'atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur le réchauffement climatique, négociés en décembre 2015 et ratifiés par l'Union européenne en octobre 2016.

En Belgique, les Régions ont amorcé le soutien aux énergies renouvelables, par le biais des certificats verts, au début des années 2000. Depuis 2015, l'Autorité fédérale et les Régions cherchent à conclure un Pacte énergétique fixant leur vision commune de ce qu'il adviendra du mix énergétique belge à l'horizon 2030 et 2050. Ce pacte envisage d'intégrer la sortie du nucléaire actuellement prévue pour 2025. La production d'électricité ainsi perdue devra être compensée, vraisemblablement par la poursuite du développement des énergies renouvelables et par la mise en service de nouvelles centrales thermiques au gaz. Une telle réorientation du mix énergétique devrait avoir des répercussions sur la facture des consommateurs particuliers et industriels, ce qui complique la conclusion d'un accord politique.

Le climat favorable au développement des énergies renouvelables, dans le cadre d'une transition énergétique, qui régnait au début des années 2000, se heurte à certains obstacles. La mise en place, un peu partout en Europe, de systèmes de soutien au photovoltaïque et à l'éolien, notamment, a pesé sur la facture des consommateurs et a conduit à une situation de surcapacité, avec pour effet une dépréciation des prix de l'électricité sur les marchés de gros et une forte dégradation de la rentabilité des centrales thermiques au gaz. Or ces dernières, par leur flexibilité, permettent de compléter l'intégration du renouvelable, intermittent et donc aléatoire, sur le réseau. D'autres facteurs complexifient la mise en œuvre d'une transition énergétique. La crise économique et financière déclenchée en 2008 a considérablement réduit les initiatives dédiées à la mise en œuvre de la transition énergétique. Par ailleurs, l'essor des hydrocarbures non conventionnels, tels le gaz et le pétrole de schiste, a fait baisser le prix des énergies fossiles et a réduit aux yeux de certains le sentiment que la transition énergétique est nécessaire et pressante.

 

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