Le titre de ministre d’État est un titre honorifique conféré à des personnalités particulièrement méritantes, qui ont, le plus souvent, eu une carrière politique de premier plan. L’attribution du titre de ministre d’État est une prérogative du Roi [1] ; il est octroyé par un arrêté [2] royal contresigné par le Premier ministre [3]. Il s’agit d’une institution coutumière, cette prérogative du Roi n’étant pas prévue spécifiquement dans la Constitution [4] ; elle dérive de l’article 96 qui énonce que « le Roi nomme et révoque ses ministres ». Si au 19e siècle et jusqu’aux débuts de la Première Guerre mondiale, une certaine confusion a pu exister quant à leur rôle, il est aujourd’hui fermement établi que les ministres d’État ne sont pas membres du gouvernement [5] et qu’ils n’exercent aucune fonction officielle de par leur titre.
Toutefois, les ministres d’État peuvent être convoqués par le Roi pour former ce qui est appelé le Conseil de la Couronne [6], un organe également dénué d’existence constitutionnelle. Une telle convocation est exceptionnelle. Le Conseil de la Couronne ne s’est réuni que cinq fois dans l’histoire de la Belgique : le 16 juillet 1870 (déclenchement de la guerre franco-allemande), les 2 et 3 août 1914 (ultimatum adressé à la Belgique par l’Empire allemand), le 4 mai 1919 (Traité de Versailles), le 23 mars 1950 (Question royale) et le 18 février 1960 (indépendance du Congo). La composition du Conseil de la Couronne permet de consulter l’ensemble des sensibilités politiques et de s’assurer d’une forme d’union nationale : en effet, les nominations au titre de ministre d’État tendent à respecter une forme d’équilibre politique et linguistique. L’absence de convocation du Conseil de la Couronne depuis plus de soixante ans incite à conclure que l’institution est tombée en désuétude. Toutefois, sans convoquer formellement le Conseil de la Couronne, le Roi peut solliciter le conseil d’un ou de plusieurs ministres d’État lors des moments de crise (y compris dans le processus de formation [7] du gouvernement fédéral).
C’est en 1974 qu’une femme a reçu pour la première fois le titre de ministre d’État : Marguerite De Riemaecker-Legot, qui avait également été la première femme ministre [8] (au portefeuille de la Famille et du Logement, au sein des gouvernements Harmel et Vanden Boeynants I (1965-1968)). Depuis lors, moins de 10 % des nominations de ministres d’État ont concerné des femmes.
Les personnes ayant reçu ce titre depuis 2013 (accession au trône du roi Philippe) sont peu nombreuses : l’ancien chef de cabinet des rois Baudouin et Albert II, Jacques van Ypersele de Strihou (20 juillet 2013) ; l’ancien chef de cabinet du roi Philippe, Frans Van Daele (2 novembre 2017) ; les anciens Premiers ministres Charles Michel (31 octobre 2019), Sophie Wilmès (18 mai 2026) et Alexander De Croo (18 mai 2026).
Aucune rémunération n’est attachée au titre de ministre d’État.