Le néologisme belge « défédéralisation » ne signifie pas, comme on pourrait le croire, un renoncement à la structure fédérale [1] de l’État [2], donc un retour à un État unitaire [3]. Il désigne le glissement d’une compétence au sein de l’État fédéral belge, dans le sens du transfert [4] de cette compétence depuis le niveau de pouvoir fédéral (l’Autorité fédérale [5]) vers des entités fédérées (les Régions [6] ou les Communautés [7], ainsi que parfois une Commission communautaire [8]). Autrement dit, il désigne le processus institutionnel par lequel cette compétence cesse d’être fédérale (et est donc « défédéralisée »).
Ce néologisme a été créé pour remplacer celui, ambigu dans le cadre belge, de « fédéralisation [9] ». Il est apparu après 1993, année de la reconnaissance du « fait fédéral » par l’introduction du concept d’État fédéral dans l’article 1er de la Constitution [10].
On peut employer les termes, plus précis, de « régionalisation » si le transfert de la compétence est opéré au profit des Régions et de « communautarisation » s’il est opéré au profit des Communautés. Récemment est également apparu le terme « cocomisation » pour désigner le fait que, lors de la sixième réforme de l’État [11], certaines compétences devenues communautaires [12] ont été attribuées, en ce qui concerne la région bilingue de Bruxelles-Capitale [13], non à la Communauté française [14] et à la Communauté flamande [15], mais à la Commission communautaire commune (COCOM) [16].
La défédéralisation ne doit pas être confondue avec la « refédéralisation [17] », qui est le processus par lequel une compétence qui a été transférée de l’Autorité fédérale vers des entités fédérées est – ou, plus précisément, serait (puisqu’un tel mouvement ne s’est jamais produit à ce jour) – retransférée à l’Autorité fédérale.