Créé en 2006 en tant que successeur du Groupe Interforces Antiterroriste (GIA), l’OCAM a pour mission d’évaluer la menace terroriste et extrémiste, d’une part en Belgique, et d’autre part envers les citoyens et les intérêts belges à l’étranger. Ces évaluations – réalisées d’office ou à la demande d’un membre du gouvernement fédéral [1] – sont dites ponctuelles lorsqu’elles concernent des personnes, des groupes ou des évènements spécifiques, et stratégiques lorsqu’elles portent sur des phénomènes plus larges dont les effets peuvent se concrétiser à moyen ou à long terme.
Les évaluations de l’OCAM sont réalisées grâce aux informations transmises – obligatoirement – par un certain nombre de services d’appui : la Sûreté de l’État (VSSE) ; le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS, qui dépend de la Défense [2]) ; la police intégrée [3] ; le SPF [4] Affaires étrangères ; le SPF Mobilité et Transports ; la Direction générale Office des étrangers (OE) et la Direction générale Centre de crise (DGCC) du SPF Intérieur ; la Direction générale Établissements pénitentiaires (EPI) et le service Laïcité et Cultes de la Direction générale Législation, Libertés et Droits fondamentaux (WL) du SPF Justice ; l’Administration générale des Douanes et Accises (AGDA) et l’Administration générale de la Trésorerie (AGTrés) du SPF Finances. L’OCAM collabore également avec le Ministère public [5], avec les Régions [6] et les Communautés [7], avec les pouvoirs locaux [8] (dont les fonctionnaires [9] en prévention et déradicalisation), avec la Cellule de traitement des informations financières (CTIF) du SPF Finances, ainsi qu’avec d’autres services partenaires.
Dans le cadre de sa mission d’évaluation de la menace, l’OCAM distingue quatre niveaux, allant de « faible » (niveau 1) à « très grave » (niveau 4). Sur la base de ces évaluations, le Centre de crise national ou la police intégrée peuvent proposer au SPF Intérieur d’adopter des mesures de sécurité spécifiques, comme le renforcement des forces de l’ordre [10] ou l’interdiction d’évènements.
Au fil du temps, les missions de l’OCAM se sont fortement renforcées, principalement à deux égards.
Premièrement, il est le gestionnaire opérationnel de la Banque de données commune (souvent appelée « liste de l’OCAM ») créée en 2016 à la suite du départ de Belges en Irak et en Syrie afin de rejoindre le groupe terroriste État islamique (Daesh) ; depuis lors, celle-ci a été consacrée et encadrée par un nouveau cadre légal [11] en 2024 sous l’appellation Banque de données commune TER. Il met ainsi à la disposition des différents services d’appui et des services partenaires une banque de données recensant les personnes qui peuvent constituer une menace extrémiste ou terroriste pour la Belgique. Celle-ci est mise à jour en temps réel directement par ces services. Au début de l’année 2026, 556 entités étaient reprises dans la Banque de données commune TER. Elles sont classées en cinq catégories, bien que certains individus puissent se retrouver simultanément dans plusieurs d’entre elles.
Deuxièmement, l’OCAM est le coordinateur de la Stratégie Extrémisme et Terrorisme (Stratégie TER), qui a succédé au Plan R en 2021. Celle-ci met en place des plateformes de concertation à différents niveaux : des task forces locales (TFL), où les différents services impliqués (Sûreté de l’État, SGRS, police, parquet, etc.) échangent des renseignements et analysent des cas spécifiques, dans une optique répressive et sécuritaire ; des cellules de sécurité intégrale locales en matière de radicalisme (CSIL-R), qui sont surtout actives en prévention et qui réunissent les autorités locales et des services psychosociaux et du bien-être ; une task force nationale (TFN), qui assure la coordination de la Stratégie TER ; des groupes de travail nationaux (GT).