économie circulaire


Modèle économique visant une utilisation responsable des ressources et de l'énergie, de la phase de conception d'un produit à celle, ultime, de valorisation des déchets.

L'économie circulaire est régulièrement opposée, sur le plan théorique, à l'économie linéaire. Cette dernière, héritée de la révolution industrielle, repose sur le schéma suivant : extraction des ressources, fabrication et assemblage, distribution, utilisation et, enfin, production de déchets sans valorisation de ces derniers. Ce modèle économique est basé sur l'hypothèse implicite que les ressources (eau, pétrole, bois, métaux, sable, denrées alimentaires, etc.) sont illimitées et que l'énergie nécessaire à la transformation de ces ressources peut rester indéfiniment bon marché. Si ce modèle économique a permis un développement industriel, accompagné d'une croissance sans précédent, cette logique de consommation est devenue difficilement soutenable pour l'environnement.

Le fonctionnement de l'économie circulaire s'inspire quant à lui de celui des écosystèmes naturels dans lesquels rien ne se perd, tout se transforme. Elle vise autant à produire et à consommer autrement qu'à réduire les flux de matières utilisés au sein du système économique en place.

En pratique, adhérer au concept d'économie circulaire peut prendre différentes formes et concerner différentes étapes de la vie d'un bien. Cela commence par la manière de concevoir ce bien et d'envisager son utilisation. Une fois utilisable et commercialisable, un bien matériel intégrera un cycle technique tandis qu'un produit organique (nourriture, etc.) débutera quant à lui un cycle biologique. Au sein de ces cycles, l'économie circulaire identifie plusieurs boucles possibles, qui permettent à un bien usagé ou abîmé de retrouver une utilité et de réintégrer le cycle économique original. Ces boucles sont plus ou moins longues en fonction de l'énergie et des matières premières mobilisées. La réutilisation, via par exemple un réseau de seconde main, constitue une boucle courte. Au contraire, le recyclage incarne la boucle la plus longue de l'économie circulaire, avant une possible valorisation énergétique des déchets. Dans la logique de l'économie circulaire, une boucle courte sera privilégiée à une boucle longue.

Si l'économie circulaire vise une meilleure utilisation des ressources, les entreprises ou modèles économiques qui choisissent d'adhérer à ce concept s'inscrivent bel et bien dans une logique de production, qui ne vise donc pas une réduction de la consommation et des besoins.

Paru en 1972, le Rapport Meadows constitue la première étude d'envergure mettant en exergue les dangers que représente la croissance économique et démographique telle qu'elle se déploie depuis le milieu du 20e siècle. De cette parution a découlé une prise de conscience, certes encore timide, de la nécessité de mettre en place une transition vers un modèle de production et de consommation n'impliquant pas une exploitation débridée des ressources. L'une des solutions préconisées par le rapport était un basculement vers une économie circulaire.

Si les modèles linéaire et circulaire de l'économie coexistent depuis des années, le premier est de plus en plus remis en question et le second de plus en plus valorisé. Cependant, la mise en place concrète d'un tel modèle économique n'est pas chose aisée, en raison de plusieurs difficultés : la complexité du concept ; l'existence de certaines limites techniques, dont la perte de qualité des matériaux au fil des recyclages ; la place importante qu'occupe dans le système économique capitaliste actuel le marketing, dont la priorité est de séduire le consommateur, parfois au détriment de l'environnement ; ou encore le faible niveau de réemploi réel des matières dans la production de nouveaux produits, pour des questions de prix et de qualité. De plus, le concept d'économie circulaire peut parfois être mis en œuvre par une entreprise pour une partie limitée de ses départements ou de ses productions.

Certaines entreprises font de l'économie circulaire ou de leur transition vers un tel modèle leur fondement ou un point déterminant de leur stratégie, notamment dans une logique de responsabilité sociétale des entreprises. D'autres utilisent davantage ce type de pratique comme un label, voire comme un simple outil de marketing, dans une logique parfois qualifiée de greenwashing.

L'extension de l'économie circulaire nécessite un changement des habitudes de consommation qui ne peut advenir que par une information adéquate du consommateur et par la mise en place de réglementations adaptées. Or, à ce jour, les plans d'action censés donner les lignes directrices d'un tel développement demeurent assez flous.

 

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