Église


Communauté des adeptes d'une religion chrétienne. En Belgique, dénomination usuelle de l'Église catholique.

L'Église catholique est la plus ancienne des Églises chrétiennes, elle s'est organisée dans les premiers siècles de notre ère. Au fil des siècles, des communautés de chrétiens s'en sont détachés pour former des Églises orthodoxes, réformées et autres. En Belgique, l'Église catholique demeure aujourd'hui le culte qui rassemble le plus grand nombre d'adeptes.

L'Église catholique s'est développée dans un lien étroit avec les autorités politiques. Avant la Révolution française, le catholicisme est religion d'État dans les pays catholiques et l'Église y jouit de privilèges importants : perception de la dîme (impôt d'Église obligatoire), riches propriétés foncières, proximité entre le haut clergé et la haute aristocratie qui dirige les affaires de l'État, monopole de l'enseignement et de l'état civil… La philosophie des Lumières, affirmant la suprématie de la raison sur la foi, puis prônant la séparation de l'Église et de l'État, entame le pouvoir de l'Église. La Révolution française constitue un point de rupture, entraînant en France et dans les territoires qui lui seront soumis une laïcisation brutale de la société. En 1830, la liberté de culte a été reconnue parmi les libertés fondamentales par le gouvernement provisoire de la Belgique. La Constitution de 1831 a confirmé la liberté de culte et instauré un régime d'indépendance mutuelle entre l'Église et l'État accompagné d'un financement public des cultes.

Le dix-neuvième siècle est une époque de tensions entre certains pouvoirs politiques et l'Église, ainsi qu'à l'intérieur de celle-ci entre les partisans d'une acceptation au moins partielle de la modernité et les défenseurs d'un retour à l'Ancien Régime. La position de l'Église évoluera vers l'acceptation d'un État qui admet la liberté de conscience et qui octroie progressivement l'égalité de droits à l'ensemble de ses citoyens. La publication de l'encyclique Rerum Novarum par le pape Léon XIII en 1891 marque un tournant décisif en créant une doctrine sociale de l'Église. En Belgique, de nombreuses organisations inspirées par la doctrine de l'Église vont se développer ou voir le jour : écoles, universités, syndicats, mutualités, hôpitaux, associations…

Au vingtième siècle, le concile Vatican II (1962-65) réforme en profondeur l'Église, tant au niveau des rites (liturgie en langue vernaculaire et non plus en latin) que du dogme. Il marque notamment l'acceptation par l'Église de la tolérance religieuse.

L'Église catholique est une organisation structurée et très hiérarchisée à la tête de laquelle se trouvent le pape qui réside dans l'État indépendant du Vatican, et la curie romaine, qui administre l'Église. En Belgique, l'Église est géographiquement constituée de neuf diocèses (Anvers, Bruges, Gand, Hasselt, Liège, Malines-Bruxelles, Namur et Tournai) à la tête desquels se trouve un évêque nommé par le pape. Les évêques sont réunis au sein de la Conférence épiscopale, qui est présidée par l'archevêque de Malines-Bruxelles.

Le territoire belge est divisé en 4120 paroisses. Dans chaque paroisse, l'aspect matériel du culte est administré par un conseil de fabrique.

A côté des prêtres et vicaires qui forment le clergé dit séculier, les congrégations religieuses constituent le clergé dit régulier.
Le Vatican, État souverain et indépendant, entretient des relations diplomatiques avec la Belgique. L'ambassadeur du Vatican s'appelle le nonce apostolique.

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