Accord de Paris

notice mise à jour en 2025

Accord intervenu au sein des Nations unies afin de limiter les effets du dérèglement climatique et de mettre en place une société bas carbone.

L'Accord de Paris sur le climat a été conclu le 12 décembre 2015 au terme de la 21e Conférence des Parties (COP 21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il est entré en vigueur le 4 novembre 2016. À ce stade, 55 États, représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre avaient ratifié l'accord. L'objectif de celui-ci est d'apporter une réponse globale et concertée à la menace que représentent les dérèglements climatiques, dans une logique de développement durable et avec comme point de mire l'émergence d'un système énergétique bas carbone cohérent avec la transition en cours. Si cet accord n'est pas « juridiquement contraignant », certains le qualifient de « politiquement contraignant ». Pour inciter les États à mettre en place les mesures nécessaires, ils devront soumettre régulièrement et publiquement l'état d'avancement des objectifs qui leur sont attribués.

L'objectif central de cet accord est de maintenir, d'ici à 2100, l'élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels (période de référence allant de 1861 à 1880), dans un premier temps, et de poursuivre cet effort afin de limiter cette élévation à 1,5 °C dans un second temps. Cette deuxième étape était réclamée par les pays les plus vulnérables aux changements climatiques. Cet objectif est très ambitieux puisque, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ainsi que dans l'accord lui-même, les premiers objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre défendus pays par pays et soumis au Nations unies le 31 octobre 2015 induisaient une trajectoire globale de réchauffement proche de 3 °C à l'horizon 2100. Pour espérer inverser la tendance, tous les cinq ans, à partir de 2020, chaque État signataire doit procéder à une réévaluation de ses engagements. Une différenciation a été opérée entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement afin que ceux-ci ne voient pas leur essor économique entravé.

L'Accord de Paris prévoit également d'atteindre la neutralité carbone, à savoir des efforts conséquents pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour qu'aux environs de 2050 celles-ci puissent être compensées par les « puits de carbone », qui absorbent naturellement ou artificiellement le CO2, tels que les forêts, les océans ou les techniques de capture et de stockage du carbone. Pour le GIEC, cela signifie que les émissions mondiales de gaz à effet de serre baissent de 40 % à 70 % d'ici 2050 par rapport au niveau de 2010, sachant qu'elles augmentent d'environ 2 % par an depuis 2000.

Avec 197 signataires, l'Accord de Paris jouit d'une adhésion totale. Seuls trois pays signataires ne l'ont pas encore ratifié: l'Iran, la Libye et le Yémen. Signataires de l'accord, sous la présidence du démocrate Barack Obama, les États-Unis sont quant à eux le seul pays à s'être retiré, et à deux reprises, du traité. Ce revirement opéré par le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, derrière la Chine, est intervenu lors des deux mandats du président républicain Donald Trump, qui a notifié sa décision aux Nations unies le 1er juin 2017 et le 20 janvier 2025. Dans l'intervalle, le président démocrate Joe Biden avait permis que les Etats-Unis réintègrent l'Accord de Paris. Ces allers et venues décrédibilisent la portée des engagements pris, alors que le rythme d'augmentation des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial ne montre aucun signe de fléchissement.

Texte de l’Accord de Paris

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