Le Boerenbond (littéralement, « Ligue des paysans ») est une union professionnelle créée à Louvain le 20 juillet 1890 pour représenter les intérêts économiques, sociaux, politiques et religieux du monde paysan en Flandre. Ses fondateurs sont un prêtre, Jacob-Ferdinand Mellaerts, et deux hommes politiques catholiques, Joris Helleputte et Frans Schollaert. Il s’agit pour eux d’apporter une réponse à une double menace. D’une part, la crise agraire de la fin du 19e siècle, qui provoque une forte baisse du prix des produits agricoles et un exode rural. D’autre part, le projet d’extension du droit de vote (qui sera effectivement adopté en 1893), dont sont susceptibles de découler tout à la fois des bouleversements sur la scène politique nationale et un accroissement de l’influence des libéraux et des socialistes dans les campagnes flamandes.
En quelques années, le Boerenbond multiplie les initiatives : guildes paroissiales, périodique (De Boer), formation professionnelle (modernisation de l’équipement et des techniques de culture, amélioration des semences et de l’alimentation du bétail, etc.), services d’achats, coopératives, caisses d’épargne, assurances, etc. De 1895 à 1935, il détient même une banque : la Middenkredietkas.
D’emblée, le Boerenbond est conçu comme une organisation résolument et indissociablement flamande et catholique.
Dès l’origine, le Boerenbond s’inscrit dans la mouvance du Mouvement flamand, dont il épouse et soutient les thèses et revendications, et dont il constitue rapidement l’un des principaux représentants. Ainsi, sur le plan linguistique, il s’investit pleinement dans la volonté de néerlandisation de la sphère publique en Flandre. Par la création du Boerinnenbond en 1911 et du Boerenjeugdbond en 1927 (à destination respectivement des femmes et des jeunes), il contribue puissamment à l’émancipation socio-culturelle des milieux ruraux flamands.
À partir de 1892, le Boerenbond tente de s’implanter en Wallonie. Cependant, la greffe ne prend guère auprès des agriculteurs et horticulteurs francophones, hormis dans le Brabant wallon (en raison de l’action de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles). Depuis 1991, la présence du Boerenbond en Wallonie se limite dès lors à ses activités commerciales. Une exception notable est la région de langue allemande, où le Boerenbond compte des adhérents depuis l’entre-deux-guerres ; il y est toujours actif de nos jours en tant qu’union professionnelle, sous le nom de Bauernbund. De 1897 à 1997, le Boerenbond a porté officiellement le nom de Belgische Boerenbond.
Dès sa fondation, le Boerenbond entretient des liens étroits avec l’Église et avec le Parti catholique (puis le CVP). En Flandre, il est alors ainsi l’une des principales organisations du pilier chrétien. Dans l’entre-deux-guerres, il en est même l’un des quatre grands sous-piliers (« standen »). À partir du début des années 1970, et plus encore du tournant des 20e et 21e siècles, cette appartenance chrétienne va cependant en s’amenuisant. Aujourd’hui, il subsiste certes des traces de cette longue histoire quant au fond idéologique. Mais l’évolution du Boerenbond a été faite d’une profonde déconfessionnalisation. Sur le plan politique, et sans pour autant avoir opté pour le pluralisme, le Boerenbond a aujourd’hui des contacts avec l’ensemble des partis politiques néerlandophones démocratiques ; il conserve toutefois un lien privilégié avec le CD&V.
Actuellement, le Boerenbond comprend en son sein deux associations professionnelles : l’une à destination des femmes agricultrices et horticultrices (Ferm voor Agravrouwen ; anciennement, Boerinnenbond, puis Katholiek Vormingswerk van Landelijke Vrouwen – KVLV, puis Katholiek Vormingswerk voor Landelijke Vrouwen – KVLV) et l’autre à destination des jeunes agriculteurs et horticulteurs (Groene Kring ; anciennement, Boerenjeugdbond – BJB puis Katholieke Landelijke Jeugd – KLJ). Sa principale association socio-culturelle est Landelijke Gilden, née d’une restructuration opérée en 1972 pour s’adapter aux nouvelles réalités du monde agricole. Depuis 2000, le périodique du Boerenbond porte le titre Boer&Tuinder.
En sa qualité d’organisation patronale, le Boerenbond représente les intérêts de ses membres aux niveaux régional, fédéral et européen. Notamment, en tant qu’organisation reconnue au niveau intersectoriel par les autorités publiques flamandes et belges, il siège au Sociaal-Economische Raad van Vlaanderen (SERV), au Vlaams Economisch Sociaal Overlegcomité (VESOC), au Conseil central de l’économie (CCE), au Conseil national du travail (CNT) et au sein du Groupe des dix. Il est donc un acteur majeur de la concertation économique et sociale.
De longue date, le Boerenbond constitue une puissance économique et financière considérable. De nos jours, via la société holding Maatschappij voor Roerend Bezit van de Boerenbond (MRBB, qui gère son patrimoine), il est notamment l’un des quatre principaux actionnaires du groupe de banque et d’assurances KBC. Les liens sont historiques : en effet, la KBC est née en 1998 d’une fusion de la Kredietbank avec deux filiales de la MRBB : Cera Bank et Assurantie van de Belgische Boerenbond (ABB). En outre, la MRBB est l’organisation faîtière des entreprises Arvesta (anciennement, AVEVE), Acerta, SBB et Agri Investment Fund (AIF). Les dividendes de la MRBB financent le Boerenbond (pour son fonctionnement, ses activités et ses projets de recherche), ainsi que les associations Ferm voor Agravrouwen et Groene Kring. En 2022, les actifs consolidés de la MRBB étaient estimés à quelque 5 milliards d’euros.
Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/boerenbond Note bibliographique : CRISP, « Boerenbond », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le samedi 6 juin 2026. Consulter aussi : • Site du Belgische Boerenbond
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Le G6 a été créé à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing en 1975 pour permettre aux pays les plus industrialisés de mener une réflexion collective sur la politique économique, notamment en réaction au choc pétrolier. Il regroupe alors les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Dès 1976, le Canada rejoint le groupe qui devient alors le Groupe des sept ou G7. L’Union européenne est invitée par le groupe depuis 1977, représentée conjointement par le président de la Commission et par le président du Conseil. En 2018, les États qui composent le G7 totalisent un peu moins de la moitié du PIB mondial (près de 55 % si l’ensemble de l’Union européenne est compté), contre environ 10 % de la population du globe. Tous ces États sont des démocraties libérales.
La Russie a participé aux réunions du G7, alors qualifié de G8, de 1997 à 2013, avant d’en être suspendue en raison de l’annexion de la Crimée. En 2017, la Russie a annoncé sa renonciation définitive aux réunions du G7. Il est régulièrement question depuis plusieurs années d’élargir le G7 aux principaux pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Mexique. L’habitude d’inviter ponctuellement certains d’entre eux lors des sommets annuels, à partir de 1999, n’a pas été renouvelée depuis 2011. Il est à noter qu’en vertu de leur rang mondial en termes de PIB, calculé par le FMI en 2017, la Chine (2e), l’Inde (6e) et le Brésil (8e) précèdent les économies de membres du G7 tels que l’Italie (9e) et le Canada (10e), la Russie occupant actuellement la 12e place de ce classement.
Le Groupe des sept ne dispose pas de structure permanente : les chefs d’État et de gouvernement se rencontrent annuellement lors de sommets auxquels participent également les président de la Commission européenne et du Conseil européen. Les sommets sont cependant préparés tout au long de l’année par les représentants personnels des chefs d’État. Chaque État membre exerce à tour de rôle la présidence du groupe, le sommet se déroulant dans son pays. Des rencontres distinctes entre ministres des États membres sont organisées régulièrement au cours de l’année : en 2017, elles ont concerné 13 thématiques différentes dont la santé, l’agriculture, l’environnement, la culture, la politique étrangère, la politique intérieure ou l’énergie. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ont pris l’habitude de se réunir séparément au moins deux fois par an depuis 1986.
Initialement destiné à assurer une meilleure coordination des politiques économiques, le G7 a progressivement inscrit d’autres thématiques à son agenda, notamment en matière de santé, de sécurité et de développement durable.
Les mouvements altermondialistes contestent la légitimité du G7 qu’ils accusent de constituer un « gouvernement » mondial informel et de vouloir imposer à la planète une économie capitaliste ultra-libérale. Les sommets du G7 sont depuis quelques années l’occasion de manifestations, parfois violentes (sommets de Gênes en 2001 et d’Évian en 2003), raison pour laquelle les sommets sont aujourd’hui organisés dans des lieux plus isolés que dans les premiers temps.
En 2024, le sommet du G7 a été organisé sous la présidence italienne dans la région des Pouilles, à Borgo Egnazia. Il y a notamment été question de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, de la pression migratoire, de la situation au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique, ou encore du développement de l’intelligence artificielle. C’est le Canada qui assume la présidence du G7 en 2025 et qui acceuillera à cette occasion le sommet à Kananaskis, en Alberta.
Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/g7 Note bibliographique : CRISP, « G7 », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le samedi 6 juin 2026.
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