Notice mise à jour en 2020 Autre dénomination : International monetary fund (IMF)

C’est en 1944, à la conférence de Bretton Woods (États-Unis), que fut prise la décision de créer un organisme capable de faire respecter la libre convertibilité des monnaies entre elles et d’assurer la stabilité des taux de change, deux éléments clés pour développer les échanges commerciaux et éviter la répétition d’une grande crise économique et financière semblable à celle des années 1930.

Constitué sous la forme d’une institution spécialisée des Nations unies en 1945, le Fonds monétaire international a alors pour mission première d’intervenir auprès des pays dont la balance des paiements est en grave déséquilibre. Le Fonds accorde des facilités de crédit – des droits de tirage – financés par les dépôts des États membres. Suite à l’abandon par les États-Unis de l’étalon-or en 1971 et l’instauration de taux de change flottants, le FMI perd une partie de sa raison d’être première et s’oriente vers le soutien de pays connaissant des difficultés financières. Concrètement, le FMI tente de garantir la solvabilité du pays qui lui demande son aide par l’octroi de crédits à court ou moyen terme.

En échange de ces prêts, le FMI exige que le pays mette en place des programmes d’ajustement structurel. Ces programmes se composent d’une série de mesures visant à relancer la croissance économique : réduction des dépenses publiques, réforme du secteur financier, privatisation des entreprises publiques, libéralisation des prix et des marchés, lutte contre la corruption, création de mécanismes fiscaux incitatifs pour l’investissement, etc. L’efficacité de certaines de ces mesures est cependant remise en question. De nombreux économistes, de Stiglitz à Friedman, critiquent ainsi l’impact que ces réformes peuvent avoir sur les plans économique et social. Selon eux, appliquées de manière indifférenciée dans chaque pays, ces mesures aggravent la pauvreté et les dettes tout en réduisant la capacité d’intervention des États. Il est à noter que dans certains cas, par exemple lors de la crise asiatique de 1997, les États aidés, en relative position de force par le degré de développement et le poids de leur économie, ont pu éviter d’appliquer, voire refuser, certaines des mesures préconisées.

Dans le cadre plus large de sa mission de maintien de la stabilité du système monétaire international , qui comprend la prévention des crises pouvant l’affecter, le FMI surveille les politiques économiques des pays, ainsi que l’évolution économique et financière à l’échelle nationale, régionale et mondiale.

Les organes du FMI sont :

  • le conseil des gouverneurs, son organe de décision suprême. Se réunissant une fois l’an, il comprend un membre et un suppléant par État membre, émanant généralement de la banque centrale ou du ministère des finances ;
  • le Comité monétaire et financier international (CMFI) où siègent 24 gouverneurs, réuni deux fois par an ;
  • le conseil d’administration, chargé de la gestion au quotidien. Il se compose de 24 administrateurs représentant l’ensemble des États membres, et travaille selon l’orientation donnée par le CMFI, appuyé par les services du FMI.

Le FMI compte 189 membres (en 2018). Le droit de vote est exercé proportionnellement à la contribution financière de chaque État. Ainsi, à eux seuls, les membres du G7 détiennent plus de 40 % des voix. Les décisions sont prises à la majorité qualifiée correspondant à 85 % des droits de vote, ce qui accorde de facto un droit de véto aux États-Unis (plus de 16,5 % des droits de vote) ainsi qu’aux principaux États européens, pour peu qu’ils agissent de concert (l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie totalisent près de 16,5 % des droits de vote). Ce mode de décision spécifique au FMI, qui favorise les économies les plus développées, est une des raisons de l’hostilité croissante que cette organisation rencontre.

Avec la Banque mondiale avec laquelle il collabore régulièrement sur plusieurs dossiers, le FMI forme le système dit « de Bretton Woods ». Son siège est établi à Washington.

Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/fonds-monetaire-international-fmi Note bibliographique : CRISP, « Fonds monétaire international (FMI) », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le dimanche 7 juin 2026. Consulter aussi :Site du FMI Autres ressources :
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Notice mise à jour en 2025

Le G6 a été créé à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing en 1975 pour permettre aux pays les plus industrialisés de mener une réflexion collective sur la politique économique, notamment en réaction au choc pétrolier. Il regroupe alors les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Dès 1976, le Canada rejoint le groupe qui devient alors le Groupe des sept ou G7. L’Union européenne est invitée par le groupe depuis 1977, représentée conjointement par le président de la Commission et par le président du Conseil. En 2018, les États qui composent le G7 totalisent un peu moins de la moitié du PIB mondial (près de 55 % si l’ensemble de l’Union européenne est compté), contre environ 10 % de la population du globe. Tous ces États sont des démocraties libérales.

La Russie a participé aux réunions du G7, alors qualifié de G8, de 1997 à 2013, avant d’en être suspendue en raison de l’annexion de la Crimée. En 2017, la Russie a annoncé sa renonciation définitive aux réunions du G7. Il est régulièrement question depuis plusieurs années d’élargir le G7 aux principaux pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Mexique. L’habitude d’inviter ponctuellement certains d’entre eux lors des sommets annuels, à partir de 1999, n’a pas été renouvelée depuis 2011. Il est à noter qu’en vertu de leur rang mondial en termes de PIB, calculé par le FMI en 2017, la Chine (2e), l’Inde (6e) et le Brésil (8e) précèdent les économies de membres du G7 tels que l’Italie (9e) et le Canada (10e), la Russie occupant actuellement la 12e place de ce classement.

Le Groupe des sept ne dispose pas de structure permanente : les chefs d’État et de gouvernement se rencontrent annuellement lors de sommets auxquels participent également les président de la Commission européenne et du Conseil européen. Les sommets sont cependant préparés tout au long de l’année par les représentants personnels des chefs d’État. Chaque État membre exerce à tour de rôle la présidence du groupe, le sommet se déroulant dans son pays. Des rencontres distinctes entre ministres des États membres sont organisées régulièrement au cours de l’année : en 2017, elles ont concerné 13 thématiques différentes dont la santé, l’agriculture, l’environnement, la culture, la politique étrangère, la politique intérieure ou l’énergie. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ont pris l’habitude de se réunir séparément au moins deux fois par an depuis 1986.

Initialement destiné à assurer une meilleure coordination des politiques économiques, le G7 a progressivement inscrit d’autres thématiques à son agenda, notamment en matière de santé, de sécurité et de développement durable.

Les mouvements altermondialistes contestent la légitimité du G7 qu’ils accusent de constituer un « gouvernement » mondial informel et de vouloir imposer à la planète une économie capitaliste ultra-libérale. Les sommets du G7 sont depuis quelques années l’occasion de manifestations, parfois violentes (sommets de Gênes en 2001 et d’Évian en 2003), raison pour laquelle les sommets sont aujourd’hui organisés dans des lieux plus isolés que dans les premiers temps.

En 2024, le sommet du G7 a été organisé sous la présidence italienne dans la région des Pouilles, à Borgo Egnazia. Il y a notamment été question de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, de la pression migratoire, de la situation au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique, ou encore du développement de l’intelligence artificielle. C’est le Canada qui assume la présidence du G7 en 2025 et qui acceuillera à cette occasion le sommet à Kananaskis, en Alberta.

Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/g7 Note bibliographique : CRISP, « G7 », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le dimanche 7 juin 2026. Autres ressources :
Voir sur le site du CRISP
"G7"

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Notice mise à jour en 2020

Après la fin de la Seconde guerre mondiale, la volonté de développer les échanges commerciaux et de les libéraliser pour éviter un retour au protectionnisme de l’avant-guerre a conduit à la conclusion de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Au fil de cycles successifs de négociations, le GATT a lié un nombre croissant de pays et couvert de plus en plus de domaines. En 1995, suite aux accords de Marrakech, il s’est inséré dans une nouvelle structure permanente, l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’OMC compte aujourd’hui 164 États membres. Elle gère les accords commerciaux existants et est le cadre de la négociation et de la conclusion de nouveaux accords.

Les principaux accords existants sont :

  • l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, qui concerne essentiellement les marchandises (GATT) ;
  • l’accord général sur le commerce des services (AGCS) ;
  • l’accord sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) ;
  • l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (accord SPS) ;
  • l’accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC).

Le lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales lors de la Conférence ministérielle de Doha (2001) devait conduire à de nouvelles avancées en matière de la libéralisation commerciale sur les thèmes dits de Singapour (services, propriété intellectuelle, investissements, concurrence) ainsi que sur la libéralisation de l’agriculture. Mais les négociations entre pays développés, puissances émergentes et pays en développement se soldent jusqu’à présent par un échec. De facto, le cycle de Doha est suspendu depuis 2006, mais des mesures plus ponctuelles ont malgré tout pu voir le jour depuis, dont le Paquet de Bali adopté en 2013. Celui-ci comprend notamment des mesures visant à réduire la bureaucratie aux frontières, une exemption accrue des droits de douane pour les produits provenant des pays les moins développés et un engagement renouvelé à réduire les subventions à l’exportation.

La décision est prise selon le mode du consensus par l’ensemble des représentants des États membres réunis lors d’une conférence ministérielle. Au cours du temps, les rapports de force entre les membres ont changé au sein des instances de décisions. Les pays en développement ont progressivement pris une place d’acteur à part entière à l’OMC, tandis que les pays émergents, en particulier les BRICS, dont la Chine, l’Inde ou le Brésil, sont devenus des partenaires dont les puissances occidentales doivent désormais tenir compte. Si l’ensemble de ces pays forment un groupe hétéroclite, tant leurs situations économiques diffèrent, ils partagent des intérêts communs manifestes et une certaine analyse des rapports commerciaux à l’échelle internationale. Ils pèsent davantage qu’auparavant dans les négociations et ont acquis une capacité de blocage qui explique en partie l’enlisement du processus.

L’Union européenne étant entre autre une union douanière, elle est membre de l’OMC au même titre que ses États membres. La Commission européenne s’exprime au nom des États membres à presque toutes les réunions de l’OMC.

L’Organe de règlement des différends de l’OMC arbitre les conflits de nature commerciale entre ses membres, notamment les différends commerciaux qui opposent fréquemment les États-Unis et l’Union européenne. La procédure de règlement des différends en vigueur à l’OMC s’apparente à une procédure judiciaire et la condamnation d’un État peut entraîner la prise de sanctions à son égard.

Le caractère contraignant des accords et des décisions de l’Organe de règlement des différends fait de l’OMC une autorité supranationale. Le fait qu’existe dans le domaine du commerce une organisation supranationale jouissant d’un pouvoir étendu, et non pas dans les domaines des droits de l’homme ou de l’environnement, est régulièrement dénoncé par les mouvements altermondialistes et les ONG de coopération au développement. Les opposants à l’OMC dénoncent le caractère ultralibéral de son orientation et de ses décisions, inspirées selon eux par les intérêts des groupes d’entreprises multinationaux. Les défenseurs de l’OMC y voient la seule enceinte de régulation du commerce à l’échelle mondiale, garante de la liberté des échanges et de la croissance du commerce mondial.

Le siège de l’OMC est établi à Genève (Suisse).

Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/organisation-mondiale-du-commerce-omc Note bibliographique : CRISP, « Organisation mondiale du commerce (OMC) », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le dimanche 7 juin 2026. Consulter aussi :Site de l’OMC Autres ressources :
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