Notice mise à jour en 2025

Le G6 a été créé à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing en 1975 pour permettre aux pays les plus industrialisés de mener une réflexion collective sur la politique économique, notamment en réaction au choc pétrolier. Il regroupe alors les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Dès 1976, le Canada rejoint le groupe qui devient alors le Groupe des sept ou G7. L’Union européenne est invitée par le groupe depuis 1977, représentée conjointement par le président de la Commission et par le président du Conseil. En 2018, les États qui composent le G7 totalisent un peu moins de la moitié du PIB mondial (près de 55 % si l’ensemble de l’Union européenne est compté), contre environ 10 % de la population du globe. Tous ces États sont des démocraties libérales.

La Russie a participé aux réunions du G7, alors qualifié de G8, de 1997 à 2013, avant d’en être suspendue en raison de l’annexion de la Crimée. En 2017, la Russie a annoncé sa renonciation définitive aux réunions du G7. Il est régulièrement question depuis plusieurs années d’élargir le G7 aux principaux pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Mexique. L’habitude d’inviter ponctuellement certains d’entre eux lors des sommets annuels, à partir de 1999, n’a pas été renouvelée depuis 2011. Il est à noter qu’en vertu de leur rang mondial en termes de PIB, calculé par le FMI en 2017, la Chine (2e), l’Inde (6e) et le Brésil (8e) précèdent les économies de membres du G7 tels que l’Italie (9e) et le Canada (10e), la Russie occupant actuellement la 12e place de ce classement.

Le Groupe des sept ne dispose pas de structure permanente : les chefs d’État et de gouvernement se rencontrent annuellement lors de sommets auxquels participent également les président de la Commission européenne et du Conseil européen. Les sommets sont cependant préparés tout au long de l’année par les représentants personnels des chefs d’État. Chaque État membre exerce à tour de rôle la présidence du groupe, le sommet se déroulant dans son pays. Des rencontres distinctes entre ministres des États membres sont organisées régulièrement au cours de l’année : en 2017, elles ont concerné 13 thématiques différentes dont la santé, l’agriculture, l’environnement, la culture, la politique étrangère, la politique intérieure ou l’énergie. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ont pris l’habitude de se réunir séparément au moins deux fois par an depuis 1986.

Initialement destiné à assurer une meilleure coordination des politiques économiques, le G7 a progressivement inscrit d’autres thématiques à son agenda, notamment en matière de santé, de sécurité et de développement durable.

Les mouvements altermondialistes contestent la légitimité du G7 qu’ils accusent de constituer un « gouvernement » mondial informel et de vouloir imposer à la planète une économie capitaliste ultra-libérale. Les sommets du G7 sont depuis quelques années l’occasion de manifestations, parfois violentes (sommets de Gênes en 2001 et d’Évian en 2003), raison pour laquelle les sommets sont aujourd’hui organisés dans des lieux plus isolés que dans les premiers temps.

En 2024, le sommet du G7 a été organisé sous la présidence italienne dans la région des Pouilles, à Borgo Egnazia. Il y a notamment été question de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, de la pression migratoire, de la situation au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique, ou encore du développement de l’intelligence artificielle. C’est le Canada qui assume la présidence du G7 en 2025 et qui acceuillera à cette occasion le sommet à Kananaskis, en Alberta.

Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/g7 Note bibliographique : CRISP, « G7 », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le lundi 13 juillet 2026. Autres ressources :
Voir sur le site du CRISP
"G7"

Imprimer cette notice
Notice mise à jour en 2020

Le Pacte de stabilité et de croissance est un instrument de coordination des politiques budgétaires des pays membres de l’Union européenne qui ont adopté l’euro, regroupés dans la Zone euro. Avant l’adoption de la monnaie unique, les États qui souhaitaient faire partie de l’Union économique et monétaire avaient dû respecter, conformément au Traité de Maastricht conclu en 1992, des critères budgétaires stricts, souvent dénommés critères de Maastricht. Le Pacte de stabilité a été conclu en 1997 pour assurer la poursuite de cette discipline budgétaire après l’entrée en vigueur de la monnaie unique. Il impose en particulier aux pays candidats ou membres de l’Union européenne de maintenir le déficit budgétaire annuel inférieur à 3 % du PIB et la dette publique en-dessous du seuil de 60 % du PIB. Le Conseil Ecofin peut adresser des recommandations, puis infliger des sanctions à l’État qui ne respecte pas cette condition.

Depuis l’entrée en vigueur du pacte, plusieurs États ont été incapables de maintenir leur déficit budgétaire en dessous de ce seuil de 3 %, mais ils n’ont pas fait l’objet de sanctions. Un certain assouplissement dans l’application du pacte a été décidé par le Conseil européen de Bruxelles en mars 2005.

L’application du Pacte s’est révélée insuffisante, ce qui a engendré de profonds déséquilibres budgétaires dans certains pays de l’Union européenne à l’heure de la crise économique et financière qui a frappé en 2008. En conséquence, les mécanismes prévus dans le Pacte de stabilité ont été renforcés par l’introduction d’un volet préventif et d’un volet correctif. Avec le volet préventif, une attention est désormais également portée aux dépenses publiques ainsi qu’aux signes précoces de problèmes tels que les bulles immobilières ou les questions de compétitivité. Le programme de stabilité définit un objectif budgétaire à moyen terme (OMT) en termes de solde structurel à atteindre et la trajectoire d’ajustement conduisant à la réalisation de cet objectif qui est différent pour chaque État membre. Un mécanisme d’alerte est prévu dans le cas où le solde budgétaire annuel présente un écart important par rapport à l’OMT. L’objectif du volet correctif est de remédier rapidement aux déficits excessifs constatés. À ce titre, des rapports sur les déficits, envisagés et réels, et le niveau de l’endettement des États membres sont transmis deux fois par an à la Commission européenne.

Le Pacte de stabilité est critiqué par ceux qui estiment qu’il freine le développement économique et social en imposant une discipline budgétaire trop stricte au nom d’une théorie économique qui ne fait pas l’unanimité.

Suite à la crise sanitaire du Coronavirus et son impact sur l’activité économique et financière au sein de l’Union européenne, les vingt-sept ministres des Finances de l’Union ont décidé, fin mars 2020, de suspendre pour une durée indéterminée les règles de discipline budgétaire normalement imposées aux États membres. Cette décision a été prise grâce à l’activation d’une clause dérogatoire introduite en 2011 visant à garantir une certaine souplesse en cas de ralentissement économique grave. Cette décision constitue une première depuis la mise en application du Pacte.

Lien direct : https://www.vocabulairepolitique.be/pacte-de-stabilite Note bibliographique : CRISP, « Pacte de stabilité », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le lundi 13 juillet 2026. Consulter aussi :Site du Pacte de stabilité et de croissance (en anglais) Autres ressources :
Voir sur le site du CRISP
"Pacte de stabilité"

Imprimer cette notice