problèmes communautaires


Ensemble des sujets sur lesquels les Flamands et les francophones ont des positions antagonistes qui provoquent de vives tensions.

L'expression de « problèmes commautaires » s'est imposée pour désigner l'ensemble des problèmes sur lesquels les deux grandes parties de la population et des mandataires politiques, les Flamands et les francophones, s'affrontent de manière vive ou durable. À l'usage, on observe que l'expression, qui a remplacé celle, plus ancienne, de « questions linguistiques », désigne quatre grands types de conflits.
1.Les problèmes posés par l'emploi des langues, qui ont joué le rôle le plus important dans la contestation de l'État unitaire et officiellement unilingue créé en 1830-1831, et dans l'amorce du processus de fédéralisation de la Belgique. Ces problèmes sont aujourd'hui moins nombreux mais restent très sensibles, comme l'ont montré par exemple les fortes tensions autour de la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde. De nombreuses questions linguistiques ont été réglées, fût-ce de manière controversée, par des lois linguistiques et par la fixation de régions linguistiques.
2.Les problèmes posés par la structure des institutions, qui n'ont pas été totalement réglés par la transformation de la Belgique en un État fédéral. Deux sujets d'affrontement au moins restent très sensibles : le degré d'autonomie à accorder aux communautés et aux régions au détriment des compétences de l'Autorité fédérale et de certains mécanismes de solidarité ; le statut de Bruxelles, qui constitue une région à part entière selon la Constitution mais qu'une partie du monde politique flamand souhaite soumettre, plus ou moins largement, à la tutelle ou à l'autorité conjointe des deux grandes communautés.
3.Les problèmes posés par différents dossiers sur lesquels les communautés et surtout les régions ont des intérêts divergents pour des motifs économiques, financiers ou géographiques, c'est-à-dire des problèmes qui ne relèvent ni de l'emploi des langues ni de questions institutionnelles, mais qui font surgir de fortes tensions entre Flamands et francophones. On peut citer l'influence des régions dans la SNCB ou l'éventuelle scission de celle-ci, la répartition des nuisances sonores autour de l'aéroport international de Zaventem (qui, selon les plans de vol, touche davantage des populations flamandes ou des populations francophones), etc.
4.Les problèmes posés par des dossiers dans lesquels les communautés et les régions n'ont pas d'intérêts particuliers à défendre, mais qui sont abordés de manière très différente par les partis flamands et par les partis francophones, qui s'affrontent sur ces dossiers à partir de principes et de valeurs antagonistes. Ces problèmes, qui tendent à se multiplier, traduisent une divergence croissante entre les opinions publiques, les résultats électoraux et les paysages politiques du nord et du sud du pays.

Un même dossier peut engendrer simultanément plusieurs types de problèmes communautaires, comme c'est le cas de la scission éventuelle de certaines branches de la sécurité sociale.

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