Notice mise à jour en 2023 Écouter la définition :Ancienne dénomination :
division Wallons-Flamands Autres dénominations :
querelles linguistiques ; questions linguistiques ; conflits linguistiques
L’expression « problèmes communautaires » s’est imposée pour désigner l’ensemble des sujets sur lesquels les deux grandes communautés culturelles et linguistiques du pays, les francophones et les néerlandophones, se sont opposées (ou s’opposent encore) de manière vive, que ce soit de manière circonstanciée ou durable. À l’usage, on observe que l’expression, qui a remplacé celles, plus anciennes, de « questions linguistiques » ou de « querelles linguistiques », désigne quatre grands types de sujets de conflit.
Les problèmes posés par l’emploi des langues, qui ont joué le rôle le plus important dans la contestation de l’État unitaire et de facto unilingue créé en 1830-1831 et dans l’amorce du processus de fédéralisation de la Belgique. Ces problèmes sont aujourd’hui moins nombreux mais restent très sensibles, comme le montre par exemple la persistance de tensions relatives aux communes à facilités de la périphérie bruxelloise, en dépit de la scission de la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde. De nombreuses questions linguistiques ont été réglées, ne serait-ce que d’une manière parfois controversée, par des lois linguistiques et par la fixation des régions linguistiques.
Les problèmes posés par la structure des institutions, qui n’ont pas été totalement réglés par la transformation de la Belgique en un État fédéral au cours des réformes de l’État successives. Deux sujets d’affrontement au moins restent très sensibles : d’une part, la répartition des compétences entre les entités fédérées (Communautés et Régions) et l’Autorité fédérale, avec le maintien ou non de certains mécanismes de solidarité, notamment sur le plan financier, et, d’autre part, le statut de la Région de Bruxelles-Capitale, qui constitue une Région à part entière selon la Constitution mais qu’une partie du monde politique flamand souhaite soumettre, plus ou moins largement, à la tutelle ou à l’autorité conjointe des deux grandes Communautés.
Les problèmes posés par différents dossiers sur lesquels les Communautés et surtout les Régions ont des intérêts divergents pour des motifs économiques, financiers ou géographiques, c’est-à-dire des problèmes qui ne relèvent ni de l’emploi des langues ni de questions institutionnelles, mais qui font surgir de fortes tensions entre francophones et néerlandophones. On peut citer la lutte contre les dérèglements climatiques, l’influence des Régions dans la SNCB ou l’éventuelle scission de celle-ci, ou encore la répartition des nuisances sonores autour de l’aéroport international de Zaventem (qui, selon les plans de vol, touchent davantage des populations flamandes ou des populations francophones), etc.
4. Les problèmes posés par des dossiers dans lesquels les Communautés et les Régions n’ont pas d’intérêts particuliers à défendre, mais qui sont abordés de manière très différente par les partis francophones et par les partis néerlandophones, qui s’affrontent sur ces dossiers à partir de valeurs et de principes différents voire antagonistes. Ces problèmes, qui tendent à se multiplier, traduisent une divergence croissante entre les opinions publiques, les résultats électoraux et les paysages politiques du sud et du nord du pays.
Un même dossier peut engendrer simultanément plusieurs types de problèmes communautaires, comme c’est le cas de la scission éventuelle de certaines branches de la sécurité sociale.
Lien direct :
https://www.vocabulairepolitique.be/problemes-communautaires Note bibliographique :
CRISP, « problèmes communautaires », Vocabulaire politique, www.vocabulairepolitique.be, consulté le
jeudi 23 juillet 2026.
Autres ressources :
Les travaux de recherche du CRISP s’attachent en particulier à montrer les enjeux de la décision politique, en Belgique et dans le cadre européen, à expliquer les mécanismes par lesquels elle s’opère, et à analyser le rôle des acteurs qui y prennent part, que ces acteurs soient politiques, économiques, sociaux, associatifs…
Les résultats de ces études sont portés à la connaissance du grand public et des milieux spécialisés à travers des publications (pour la plupart en accès gratuit sur ce site), lors de conférences ou de formations, et par le biais d’émissions et d’interviews dans les médias.
Qu’est ce que le Vocabulaire politique ?
Le Vocabulaire politique constitue un lexique de termes francophone qui sont d’usage dans la vie politique ou socio-économique en Belgique et dans le cadre de l’Union européenne.
Pour chacun d’entre eux, le site offre une définition courte, de type dictionnaire, suivie d’une explication plus détaillée que viennent compléter des renvois vers d’autres définitions ou vers des sites externes.
Le Vocabulaire politique peut être consulté comme un dictionnaire ou interrogé par mots-clés, via le champ de recherche en haut de page.
Par convention, c’est le masculin singulier qui est retenu pour les entrées du lexique et au sein des définitions. Toutefois, dans le cas d’une fonction, qu’elle ait ou non déjà été exercée en Belgique par une femme, la forme au féminin est précisée en entête de notice – on se réfère pour ce faire au Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre publié par la Communauté française. Dans certains cas, c’est la forme au pluriel qui est préférée pour l’entrée (affaires courantes, interlocuteurs sociaux…).
Excepté pour les appellations officielles d’institutions ou dans certains cas guidés par l’usage (greenwashing, ombudsman…), les entrées et définitions ne sont proposées qu’en français. Pour des correspondances avec le néerlandais et l’allemand, on se reportera à la banque de terminologie trilingue du Service central de traduction allemande.