majorité


Dans une assemblée, proportion des voix nécessaire pour adopter une décision. Dans les relations entre parlement et exécutif, ensemble des partis qui détiennent plus de la moitié des sièges de l'assemblée et composent le pouvoir exécutif.

Le terme de majorité, qui provient du latin « major », plus grand, a diverses significations. On distinguera d'abord les types de majorité possibles lors d'un vote au sein d'une assemblée ou lors de l'élection de représentants.

1/ On distingue la majorité simple ou ordinaire de la majorité renforcée ou qualifiée. La majorité simple est utilisée pour la plupart des votes (lois ordinaires, motions, résolutions,…). La majorité renforcée ou qualifiée est employée pour les révisions constitutionnelles, pour l'adoption des lois institutionnelles ou linguistiques les plus importantes, pour l'adoption de certaines décisions au sein de l'Union européenne ou d'autres institutions internationales.
Exemple : l'article 195 de la Constitution précise qu'une révision de celle-ci n'est possible que « si l'ensemble des modifications réunit au moins les deux tiers des suffrages exprimés ».

En Belgique, cette majorité renforcée des deux tiers est également appelée majorité constitutionnelle.
On parle aussi de majorité renforcée ou qualifiée quand on ajoute une ou plusieurs conditions à celle de recueillir un plus grand nombre de voix.
Exemples :

a) Le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies compte 15 membres. Pour qu'une sanction qu'il prononce devienne effective, il ne suffit pas qu'elle recueille une majorité : il faut encore que les cinq membres permanents (USA, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) fassent partie de cette majorité (ou s'abstiennnent), ce qui revient à donner un droit de veto à chacun de ces cinq membres, en cas de vote négatif de leur part.
b) Dans des matières importantes ou délicates, la Constitution belge impose une majorité de deux tiers des suffrages exprimés et en outre une majorité dans chaque groupe linguistique des députés et des sénateurs. C'est le cas des lois prises en vertu de l'article 4 relatif aux limites des régions linguistiques et de l'ensemble des matières qui doivent être réglées sous la forme de loi spéciale. On parle dans ce cas, en Belgique, de majorité spéciale.

2/ On distingue par ailleurs la majorité relative de la majorité absolue.
On parle de majorité relative quand un candidat ou une proposition recueille plus de voix que chacun des autres candidats ou propositions, mais moins que le total des suffrages obtenus par les autres.

Exemple : A obtient 40 voix, B 20 voix et C 30 voix. A dispose de la majorité relative.
Pour qu'une décision soit valablement prise à la majorité simple ou ordinaire, on exige qu'elle recueille plus de la moitié des voix. C'est la majorité absolue, qu'il faut réunir notamment pour qu'un projet ou une proposition de loi soit adopté par une Chambre (article 53 de la Constitution).

Exemple : une décision est prise par 7 voix contre 6. Cette décision est prise à la majorité absolue puisqu'elle recueille plus de la moitié (13 ÷ 2 = 6,5) des suffrages.

En cas de parité des voix, la proposition mise en délibération est donc rejetée.

Dans tous les cas, les abstentions ne sont pas prises en compte dans les calculs de majorité.
Le terme « majorité » désigne également la ou les formations politiques qui, ensemble, disposent de plus de la moitié des sièges de l'assemblée et soutiennent le pouvoir exécutif. Les partis n'en faisant pas partie constituent l'opposition ou la minorité. On retrouve cet usage du terme « majorité » dans l'expression : telle loi a été adoptée majorité contre opposition.

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